Le Fado de Lisbonne qui me prend l’âme, cette femme aux longs cheveux noirs qui m’enlace dans sa danse aux tréfonds de ma ‘saudade’. Elle est belle, elle est à la fois tout mon passé et le cris vibrant de mon avenir. Sa robe noire moulante enveloppant parcimonieusement son corps, sa peau perlée de sueur, s½ur d’autres moiteurs intimes, ses beaux cheveux noirs qui lui collent au visage, cachant son regard profond, celui que j’aime tant parce qu’il me trouble radicalement, que j’écarte ces cheveux pour retrouver ses grands yeux foncés des femmes du sud, qu’elle me signifie ‘ne me regardes pas ainsi’ et que dans une pirouette elle s’éloigne, n’ayant négligé de frôler mes lèvres dans l’attente d’une autre débauche.
J’en oublie son nom, je sais qu’il commence par le M de malice et de mirifique. Elle danse, danse, danse et la tristesse du Fado nous lie, invisiblement dans une solitude inavouée. ‘La saudade’, c’est sensuel rien qu’à prononcer et c’est elle, elle, là qui danse, danse, mon idéal inachevé, infini, ouvert sur la plénitude de son art.
J’en oublie de me rappeler si elle est vraiment réelle, lisant mes pensées c’est sa bouche qui prend sitôt possession de tous mes sens par un baiser interminable, son parfum, la douceur de son dos nu jusqu’au creux de ses reins que je ne peux ignorer de mes caresses, je chavire entièrement, perdu, je me noie dans un trop d’émotions, comme un orgasme, une petite Mort, maintenant je sais, je me souviens de la deuxième lettre de son nom…
Mais c’est mon secret, c’est notre secret, c’est ‘la saudade’ qui nous unit un jour au son de ce fado écorché, vif et tranchant. Je l’aime, totalement, même au-delà ! Crois-moi !